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Lionel Courtot, auteur et metteur en scène

 

Docteur en ethnologie et professeur à l’université de Strasbourg, Lionel Courtot privilégie aujourd’hui la création théâtrale et littéraire, et se consacre désormais à ses activités d’auteur et de mise en scène.

Il publie Le Traité de l’Elysée, histoire d’une réconciliation miraculeuse en 2013 et Une histoire d’Alsace : l’AFGES, 90ans au service des jeunes en 2014

En parallèle il écrit des scénarios de bandes dessinées et publie Mazal, la bonne étoile : une histoire de l’ORT et de sa destiné ; puis Paroles de Scout, un ouvrage collectif en 2014.

Puis, en 2015 parait Electropolis, la folle histoire de l’électricité

Il a également mis en scène avec sa compagnie L’Atelier du Premier Acte, « Le Grand Jour » en 2008, « Le Meilleur des Mondes Possibles » en 2009, « Le Sang des Abattoirs » en 2010, « Le Champ de l’Oubli » en 2011,  « Le Vent de Ma i » en 2012, « Le Traité » en 2013 et enfin « Trop tôt pour mourir » en 2014.

Lionel Courtot est également fondateur et directeur de la société de production Des Mots d’Un Jour avec laquelle il réalise ses premiers films documentaires et dans laquelle il s’illustre en s’associant à d’autres artistes afin de leur permettre d’accomplir leurs projets.

     

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Bibliographie :

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PORTRAIT EXCLUSIF

(Extraits d'un entretien pour le journal OSE)

Aujourd’hui, le 28 mars 2008, une grande interview nous attend… En effet, dans quelques minutes nous pourrons tout savoir d’un personnage marquant d’Omnis, celui que chacun a croisé au moins une fois ou entendu, grâce à son rire inimitable. En effet, Lionel Courtot a accepté de se livrer, à coeur ouvert, pour le premier numéro d’OSE. Quelques interrogations jaillissent avant de commencer l’entretien: ‘Va-t-il répondre à toutes nos questions sans retenue ?’, ‘Voudra-t-il se livrer totalement ?’ A la suite de quoi des pronostics surgissent : ‘Je suis certaine qu’à cette question il répondra cela !’… En sommes nous réellement sûres ? Bien évidemment, non ! C’est pourquoi, nous vous laissons découvrir et savourer cette discussion très révélatrice et riche en découverte sur le caractère d’un homme aux multi facettes. Lio, Doc ou Yoyo pour d’autres, entre à présent en scène, place au spectacle…

Pourriez-vous nous parler de votre cursus scolaire ?

J’ai passé mon bac économie, bac B à l’époque, au collège St Etienne à Strasbourg. Ensuite, je suis allé en sciences éco, j’ai arrêté au bout de 2 mois après quoi j’ai mené une petite vie de bohème où je chantais dans les bars. (Rires) Ensuite je me suis inscrit en lettres. A l’époque, j’étais une espèce de romantique torturé ! J’ai très vite su que je n’avais pas envie d’être prof de français… Au bout d’un moment, j’ai passé, en parallèle, des dominantes en histoire, en théologie, en sociologie… J’avais soif de connaissances et d’ouverture à plein de domaines, la finalité pour moi était donc de faire de l’ethnologie. J’ai donc fait une licence d’ethnologie et cela a été un vrai coup de foudre. Je ne me suis plus arrêté jusqu'à mon doctorat, et j’ai fi ni ma thèse en 2006.

Vous avez travaillé au Parlement européen ? Pourquoi l’avoir quitté ?

C’est un lieu où il n’y a aucun débat politique, où la démocratie n’a pas lieu d’être… J’aime la Politique et quand on croit en la Politique et en la Démocratie, on ne peut qu’être écoeuré des institutions européennes qui sont une aberration de fonctionnement ! L’exemple le plus éloquent est le récent traité de Lisbonne. Pour moi, les Français ont dit non à la Constitution européenne, et il y a un déni total de l’expression démocratique. L’Europe avance avec des gros sabots et écrase tout sur son chemin, c’est cet espèce de rouleau compresseur qui me pose un problème. Donc, en bossant dans ces institutions- là, j’ai été mal à l’aise. C’était horrible. J’étais assistant parlementaire et pour tout vous avouer, les parlementaires ne servent à rien car ils sont là uniquement pour parodier un parlement. Je suis peut-être un peu excessif mais c’est une réalité ! On vit dans un système où tout se décide par des fonctionnaires et non plus par des politiques, il y a une oligarchie toute-puissante et elle agit dans l’intérêt de cette oligarchie. Finalement, l’avis du peuple devient pratiquement secondaire dans la construction européenne. Cela ne veut pas dire que je sois contre l’Europe, le problème n’est pas de savoir si on doit faire l’Europe, mais de savoir comment la faire !

Pourquoi soudainement un amour fou pour l’ethnologie ?

Ce n’était pas soudain ! J’ai compris que ce que j’aimais, j’allais le développer dans ce cursus. Je me suis toujours intéressé à un maximum de choses, et l’ethnologie, c’est vraiment la curiosité intellectuelle et l’ouverture à un grand nombre de coutumes. Je me suis intéressé aussi bien à l’étude de la culture africaine qu’au bouddhisme, à l’islam et à toutes sortes de civilisations. Ce qui m’intéressait, c’était la découverte d’un maximum de traditions et l’apprentissage d’un maximum de connaissances. Des connaissances artistiques aussi d’ailleurs, car je faisais aussi bien de l’ethnomusicologie que de l’analyse de l’art en général. Quand on est curieux, c’est jubilatoire de faire de l’ethnologie, c’est une ouverture inégalable.

Votre moyenne générale au bac ?

12 et quelques… Je ne sais plus exactement.

Une mention, alors ?

Mention AB, ce qui était surprenant car je n’étais pas un élève très studieux et assidu. Cela a été ma première grande fierté scolaire. C’est d’ailleurs là que j’ai découvert que j’avais peut-être des possibilités !

Pour vous l’amour a-t-il :

Une couleur ? Non Un âge ? Non Une odeur ? L’odeur de l’autre.

Vos meilleurs souvenirs ?

Certaines rencontres… La parution de mon premier livre : le jour où mon éditeur m’a téléphoné pour me dire qu’il était d’accord fut un grand moment de bonheur ! De nombreux souvenirs de vacances d’été aussi : les amis, la famille… Au fait, j’ai aussi escaladé la Cathédrale de Strasbourg, jusqu’à la flèche et de nuit !!! Je n’oublierai jamais cette vue…

Que changeriez-vous chez vous ?

Mon nez ! Je le déteste. Dans le caractère… Ma susceptibilité ! (Rires)

Votre boisson préférée ?

Un bon bordeaux.

Un bon plat ?

J’aime beaucoup le foie gras accompagné d’un confit de figues.

Si vous pouviez vivre ailleurs?

Au bord de la mer, après, le choix est vaste. J’ai toujours été fasciné par la mer, l’air marin me fait revivre. Je ressens des sensations très fortes en bord de mer, je pourrais regarder les vagues pendant des heures. En particulier en Bretagne, car les éléments y sont très forts et très présents. Je trouve ça fascinant, j’y ai l’impression de revivre, d’être quelqu’un d’autre. Je ressens une sensation étrange en Bretagne, quelque chose de presque mystique. Les seuls moments dans ma vie où j’ai vécu une sorte de spiritualité, c’était en Bretagne, tellement les éléments y sont puissants ! C’est quasi magique.

Quelle est la personne célèbre que vous admirez le plus ?

Sans hésiter le général De Gaulle ! Car c’est une certaine idée de la France. Je pense qu’il a su redonner un sens historique et politique à la France, il a su lui redonner une grandeur ; rappeler et redonner leur sens aux valeurs qui ont fait le pays dans sa dimension philosophique, géopolitique, etc. Il a su renouer avec le destin de la France et fait partie de ces hommes qui ont su donner un fond à cette question. Il l’a fait dans un moment où la Nation connaissait sa période la plus douloureuse. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui, quand on voit que ceux qui se disent héritiers du gaullisme sont les pires fossoyeurs du gaullisme ! Je ne citerai personne…

Qualités ? Défauts ?

Défauts : mes retards, ma capacité à dormir (je suis insomniaque) ma flemme pour les tâches ménagères, et ma susceptibilité. Qualités : ma bonne humeur, mon énergie, mon ouverture, mon dynamisme, l’énergie que j’essaie de transmettre, mon sens de l’humour (il éclate de rire). En fait mon rire légendaire, j’en suis fi er ! … Mon côté passionné. J’ai besoin de faire plein de choses et de les faire à fond, j’ai horreur de faire les choses à moitié.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

(Rires) Bonne question…A un bureau en train d’écrire. C’est une métaphore puisqu’il y a un sous-entendu professionnel et géographique. Professionnellement, j’adore enseigner. Je me verrais bien mettre en scène. J’ai un amour obsessionnel pour l’art, j’avoue. Le confort me gagne avec les années, après 30 ans on a envie de s’embourgeoiser, alors qu’à 20 ans je rejetais tout matérialisme. Les années passant, j’ai un peu changé mon discours.

Quel est votre plus grand regret ?

(Silence…) Je pense que ceux qui me travaillent le plus sont toujours ceux liés à mon père… de ne pas avoir pu aller plus loin dans ma relation avec lui.

Vos plus grands bonheurs ?

Le théâtre ! Pour les excitations inoubliables qu’il provoque et tout le travail à faire pour monter un spectacle.

Votre pièce préférée ?

Don Juan de Molière.

Ville ou campagne ?

Jusqu’à présent, j’aurais toujours dit ville, mais plus je vieillis, plus la campagne m’attire. J’ai besoin de calme, d’air et de me rapprocher de la nature. J’ai un petit côté écolo et quand en plus je peux me rapprocher des animaux, je suis sur un petit nuage !

Avez-vous des animaux ?

Un chat, des moutons et maintenant, réalisant mon plus grand souhait, j’ai un chien, un superbe bâtard, qui s’appelle Balthus !

Parlez-nous de votre premier baiser !

J’ai trouvé ça bizarre, salé et très décevant ! J’avais 12 ans, j’étais au collège et l’attendais depuis longtemps, comme tout le monde, et je me suis dit « tout ça pour ça ! »

Vos Surnoms ?

Tonton Yoyo pour mes neveux, je ne veux pas qu’ils m’appellent autrement ! Quand j’étais surveillant, tous les gamins m’appelaient Yoyo, et je suis habitué à ce qu’on me surnomme ainsi. Ma soeur m’appelle Nel … Christelle m’appelle Lio et Bisounours parce que j’embrasse tout le monde… Maintenant, il y a Doc. J’ai une foultitude de surnoms, en fait ! J’aime aussi donner des surnoms. Mais par contre, je déteste que l’on m’appelle par mon nom ! Je trouve qu’il y a une certaine agressivité… Au lycée et à l’armée, je détestais qu’on m’appelle Courtot !

Avez-vous des bons souvenirs de l’armée ?

Des bons et des mauvais. Les classes ont été un des meilleurs moments de ma vie, des fous rires exceptionnels, une ambiance géniale ! On avait le même niveau scolaire, on était dans la même galère… c’était super ! Le premier mois de l’armée restera un souvenir inoubliable. Après, j’ai été affecté dans un service difficile à gérer et j’étais avec toutes sortes d’individus : la mixité sociale, c’est bien en théorie, mais au quotidien, vivre 24/24h et dormir avec des gens avec qui on n’a aucune affinité, c’est plus dur. Donc de bons et de mauvais souvenirs… mais les deux derniers mois ont été les plus terribles : on attend que ça se termine, on a la sensation d’être prisonnier et de devenir fou… Avec le recul, ça a été une bonne école, je regrette qu’on ait supprimé le service militaire !

Sportif ou farniente ?

Cela dépend des moments ! Je suis quelqu’un de nerveux à la base donc le sport est nécessaire. Je pense qu’on ne peut pas être plus en forme qu’en faisant du sport, je crois beaucoup aux vertus du sport ! Par contre, je ne cache pas que le dimanche matin, réussir à me faire lever est une gageure ! J’aime aussi les moments de farniente, et dans ces moments-là je suis d’une fainéantise absolue.

Peut-on dire que vous êtes hyperactif?

Oui ! Sans hésiter ! Quand je ne le suis pas, je ne me sens pas bien. Il ne faut surtout pas que je reste trop longtemps inactif !

Le sentiment de passer à côté de quelque chose ?

L’impression de perdre mon temps, et c’est physique. C’est-à-dire que moins je fais de choses, plus je me sens mal… l’impression d’être fatigué. Fatigué de rien faire !

Quel est votre rêve ?

Ce serait d’avoir un talent suffisant pour vivre de l’écriture !

Salé ou sucré ?

Cela dépend. Mais je suis un Bonbinovore ! Néologisme dont je suis très fi er ! Pas en quantité mais en qualité ! J’aime autant les bonbons au coca qui piquent, que les Kinders, ou encore les caramels ! Mais je ne peux pas cacher que j’aime aussi le salé, les trucs apéro quand je regarde la télé ! Mes préférés : les Pringles ‘hot and spicy’ !

Petit, vous rêviez d’exercer quel métier ?

Selon les âges, je suis passé de footballeur à pilote automobile et, enfin, à président de la République ! (Rires)

Pendant un jour vous avez la chance d’être une femme… que faites-vous?

Je porte un enfant. C’est une curiosité ! L’idée de donner la vie me plaît, cela doit être très beau !

Votre instrument préféré ?

Un, c’est dur ! J’hésiterais entre piano, violon et harpe. La harpe me détend, le piano me fascine et le violon m’a toujours plus. C’est difficile d’en choisir un. Même la cornemuse m’éclate. Et la guitare évidemment !

Il vous reste 24h à vivre, que faites-vous ?

Une bonne bouffe ! Un bon fou rire… Un peu de sexe, bien sûr ! Je pense que j’aurais envie de mourir en laissant un maximum de traces de moi, du coup je pense que jusqu’au dernier moment j’écrirais, jusqu’au dernier souffle ! Dans mon dernier râle j’écrirais !!!! Et aussi sauter en parachute, parce que je sais qu’il ne me reste que 24h à vivre...

Votre dernier achat un peu fou ?

Un meuble ancien, j’aime les meubles anciens et tout ce qui a une histoire, du vécu. Ma plus grande folie est un meuble chinois de plus de 150 ans. Il y a désormais une véritable âme dans le salon !

La fée clochette vous accorde trois voeux, lesquels faites-vous?

La vie éternelle. (silence) Pour tout dire c’est la première fois que je me pose cette question. Ne pas subir maladie et souffrance… Avoir la santé en fait ! Mon plus grand vœu empêcher l’inévitable !

Votre phobie ?

La mort, sans hésitation... Je suis arachnophobe aussi !

Vos expressions favorites ?

« Je t’emmerde! » (rires) J’ai parfois des expressions en fonction du contexte. « Bonne bouffe » traduit mon coté franchouillard et j’adore être entouré : je ne suis pas du tout solitaire, sauf quand j’écris. Mais j’ai besoin d’être entouré et pour moi, les amis, c’est sacré… C’était quoi la question déjà ?? Par période j’ai des tics, des formules, c’est dû à mes lectures je pense… « Le roi est mort vive le roi » pour dire que la vie continue. Je n’ai pas vraiment une expression favorite, j’en utilise par période.

Votre jour préféré ?

Le 17 novembre car je suis égocentrique et c’est mon anniversaire !! Sinon le samedi car c’est le week-end. Et je hais le dimanche!

L’heure que vous adorez ?

2 heures du matin. La nuit…

Obama ou Clinton ?

John Kerry !

Une petite conclusion ?

Je me rends compte que c’est plus facile de faire parler les autres que de parler soi-même et à l’inverse, une fois qu’on est lancé, c’est génial. Je suis frustré de devoir déjà finir car je suis très bavard !!

Olivia, Anh-Tu, Charlotte

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