Lionel Courtot, auteur et metteur en scène
Docteur en ethnologie, auteur et metteur en scène, Lionel Courtot construit depuis plus de vingt-cinq ans un parcours à la croisée de la recherche, de la transmission et de la création théâtrale.
Formé à l’Université de Strasbourg, où il a également enseigné, il soutient une thèse de doctorat en ethnologie. Cette formation aux sciences humaines nourrit durablement son intérêt pour les individus, les représentations collectives, la mémoire et la manière dont chacun trouve sa place au sein d’une époque.
L’écriture apparaît très tôt dans ce parcours. En 2000 paraît sa première pièce, Ys, adaptation théâtrale de la légende, publiée aux éditions Alain Bargain et préfacée par Yann Brekilien. Écrite quelques années après la disparition de son père, cette première œuvre contient déjà plusieurs thèmes qui traverseront son théâtre : la transmission, le conflit entre l’individu et le groupe, la mémoire des disparus et la confrontation de visions différentes du monde.
Au début des années 2000, une expérience professionnelle au Parlement européen lui permet d’observer de l’intérieur le fonctionnement de la vie politique et des institutions. Elle précède son retour à l’enseignement et, surtout, le développement d’une activité théâtrale qui devient progressivement le centre de son parcours.
Avec L’Atelier du Premier Acte, Lionel Courtot développe un travail d’auteur et de metteur en scène. Le Grand Jour, Le Meilleur des mondes… possibles ! puis Le Sang des abattoirs explorent d’abord les territoires de la satire, de l’absurde et de la comédie.
À partir du Champ de l’oubli, l’Histoire et la mémoire prennent une place croissante dans son écriture. Avec Le Traité, consacré au rapprochement entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, puis Trop tôt pour mourir, autour des deux premiers soldats français et allemand morts à la veille de la Première Guerre mondiale, l’Histoire contemporaine devient une matière théâtrale privilégiée. Elle lui permet moins de reconstituer le passé que d’interroger les femmes et les hommes qui en furent les acteurs ou les témoins.
Cette recherche se poursuit avec Le Vent de Mai, chronique d’une génération confrontée aux bouleversements des années 1960, et avec Le Crépuscule, adaptation pour la scène des Chênes qu’on abat… d’André Malraux. À travers la rencontre entre Malraux et le général de Gaulle, la pièce prolonge une interrogation devenue centrale dans son travail : que reste-t-il des hommes lorsque l’Histoire qu’ils ont contribué à écrire commence à leur échapper ?
Créé en 2016, Le Crépuscule connaît plusieurs reprises, notamment au Festival d’Avignon et à Paris en 2019. Le spectacle accompagne en 2026 le cinquantenaire de la disparition d’André Malraux.
Parallèlement au théâtre, Lionel Courtot développe d’autres formes d’écriture. Il publie des ouvrages historiques, participe à des ouvrages collectifs et explore également l’écriture scénaristique et audiovisuelle.
La transmission constitue un autre fil de son parcours. Enseignant universitaire, puis formateur et responsable pédagogique, Lionel Courtot mène parallèlement un travail théâtral auprès de jeunes générations, prolongeant sous d’autres formes les interrogations présentes dans son travail artistique.
Depuis 2015, la radio constitue un nouvel espace de rencontre et de dialogue. Sur Radio Judaïca Strasbourg, Lionel Courtot crée et anime Il est temps de chasser l’ennui, consacrée aux arts et à la culture, puis C’est quoi demain ?, tournée vers les évolutions de la société et les nouvelles générations. Artistes, écrivains, chercheurs et acteurs de la vie culturelle y confrontent leurs expériences et leurs regards.
Depuis plus de vingt-cinq ans, ce parcours se construit ainsi entre écriture, mise en scène, recherche, transmission et parole radiophonique, avec le théâtre pour centre de gravité.
Auteur et metteur en scène, Lionel Courtot poursuit aujourd’hui un travail dans lequel se croisent l’Histoire, la mémoire, la confrontation des idées et la transmission.
Un parcours multiple, traversé par une même conviction : la parole, lorsqu’elle est partagée, peut permettre de comprendre une époque, de faire vivre une mémoire et de relier les générations.
Bibliographie :











