Préface pour « Le sang des abattoirs » création Strasbourgeoise de Lionel Courtot.

Par Stéphanie Muzard Le Moing, lundi 4 avril 2011

C’est quand même chouette une société de liens…non ? Longue vie à ton œuvre, Lionel ! Merci, ta demande est un honneur, vive la CULTURE humaniste sans frontières !- Et mes liens fraternels avec Strasbourg—-résistance et tête de lard ! amitiés écologistes et artistiques, Stéphanie qui espère bien voir ta pièce en vrai !

« Le sang des abattoirs »
De Lionel Courtot
Texte écrit pour la sortie de sa pièce de théâtre en livre

Chienne de Vie !

Cette pièce de théâtre est la chambre froide de nos contradictions d’Homme, une sorte de fable de la fortune qui hurle à la mort : la richesse, la cupidité, l’avarice, l’indécence, la violence, la naïveté, le pouvoir, le cynisme, la folie, l’absurdité de l’exploitation consumériste,… y sont dépeints. Une belle vitrine de charcutiers ! Mais… attention ! Avec fraîcheur et humour ! Un peu crue, même ! Et quelquefois de la tendresse qui nous est chaire… Est-on cuits à point ? Du haut du trône, de l’estrade, nous assistons à notre propre spectacle mis en bouche-rit : le cirque et le cycle de notre propre « bêtise », la haute voltige et le clownesque de l’Homme qui est un loup pour l’animal prédateur qu’il reste. La dernière représentation de nos têtes de veaux ? Notre société hors-sol, productiviste, coupée de la Vie et de ses propres racines, est l’illusionnisme parfait d’une liberté grillagée, conditionnée sous cellule-fanes (de rat, dis !). Embarqués en barquettes, naviguant à couteux tirés et dans l’acceptation de l’industrialisation  de nos propres VIES, le spectateur peut ainsi reconnaître sa propre cage. Ces mots à maux sont alors les fleurs du mâle malin, plantes carnivores de la famille des courtotlionelacées, distillant  un venin à ces propres congénères dégénérés en manque de générosité et d’empathie. Un regard sur notre propre bout de gras qui tombe pile poil.

Qui de l’Homme ou de sa poule ?
Qui de la poule qui a du chien ?
Qui du chien criant au loup ?
Qui du loup ou de la Terre
Qui de la Terre ou de l’Homme ?
Qui de l’Homme ou de l’œuf ?
… et si l’Homme était un bœuf qui ne pensait pas à ses œufs ? (*)

Toutes griffes dehors, bec et ongles, Lionel Courtot vole dans les plumes de cet oiseau de malheur – ce coucou un peu culcul, un peu cocu, hybridé avec une autruche – qui finit par rentabiliser économiquement son propre suicide… L’Homme de la société dite « moderne » qui, sûr de son bon droit, manipule, tel un magicien, tour à tour les pigeons, les moutons, les blaireaux… avec un air vache pour de l’oseille… en prenant un air supérieur du Roi de la planète jungle. Cet être si supérieurement intelligent n’hésite pas à jouer le transformiste (**), et donc à sa propre disparition… une extinction acrobatique avec zygozootomatiques.

Le sang des abattoirs, c’est celui qui coule en chacun de nous. Dans une sorte d’usine à travers… de porc, l’homme cochonne sa propre niche – fiscale !- à défaut de construire une arche de Noë… Un chien-loup à dents longues. Parfois fidèle et tendre. Souvent con à se mordre la queue.

C’est la Shoah sans autre choix qui soldera ce mauvais rêve si nous ne nous réveillons pas et si nous restons comme des anchois rangés, aux abois… Merci Lionel de réchauffer l’espace scénique par de l’écho logique artistique !

Stéphanie Muzard Le Moing,
Muse-Loreleï, espèce en voie de développement durable !

(*) Ouf ! Je suis une femme vivipare !

(**) Transformisme : Le transformisme est une théorie biologique, rivale du fixisme, dont l’histoire remonte à l’époque où Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829) énonça sa fameuse théorie sur l’évolution des espèces, qui visait à expliquer l’extinction des espèces. Elle désigne aujourd’hui indifféremment toute théorie impliquant une variation (ou transformation) des espèces au cours de l’histoire géologique.

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